Le bois énergie ou biomasse solide

Le bois est une énergie renouvelable. C’est la principale ressource ligneuse, mais il faut également prendre en compte d’autres matières organiques telles que la paille, les résidus solides des récoltes, les grappes de maïs, la bagasse de la canne à sucre, les grignons d’olives …
En France, comme dans la plupart des pays européens, le prélèvement forestier reste inférieur à l’accroissement naturel de la forêt le bilan carbone est donc positif.
Il existe aujourd’hui des appareils à combustible bois innovants et efficaces à disposition des particuliers comme des collectivités ou des industries. Les chaudières à biomasse brûlent différents biocombustibles : granulés de bois, bûches, plaquettes forestières, sciures ou coupeaux.
Biomasse solide
La biomasse solide représente les matériaux d’origine biologique qui peuvent être employés comme combustible pour la production de chaleur ou d’électricité. Ce sont principalement les ressources ligneuses (à base de lignine) d’origine forestière, agricole ou urbaine, aussi appelées bois-énergie : le bois bûche, les granulés de bois, les déchets de bois sous forme de plaquette ou de sciure… Ce sont aussi les matières organiques telles que la paille, les résidus de récoltes et les matières animales. Enfin, les liqueurs noires, issues de l’industrie papetière, et les déchets urbains solides renouvelables sont aussi considérés comme biomasse solide.
Provenance de la biomasse solide
Le combustible provient d’origines très variées de la forêt d’abord, avec le traitement des rémanents, du bois d’éclaircie ou d’élagage. Toutes les essences d’arbre peuvent convenir, feuillus ou résineux. Les peuplements non forestiers comme les parcs, les jardins, les bords de routes et les haies bocagères fournissent aussi du combustible. L’industrie du bois rejette des sous-produits à chaque transformation de ses matériaux. Sciures, écorces, copeaux et chutes de découpe sont valorisées dans les industries de trituration (pâte à papier, panneaux de particules) mais aussi dans les chaufferies. Les déchets d’emballage bois peuvent aussi être utilisés, à savoir les cagettes et palettes broyées. L’agriculture et le secteur agroalimentaire fournissent des matières organiques cultivées à cette fin (céréales) ou des résidus (balles de riz, coquilles de noix…) utilisés pour la production d’énergie.
Différentes formes du combustible
Les bûches sont le combustible le plus utilisé par les particuliers. Elles sont conditionnées en rondins ou en quartiers de 33 cm, 50 cm ou 1 m. L’unité de mesure est le stère qui correspond à un empilement de bûches sur 1 mètre cube, pour un contenu énergétique de 1 500 à 2 000 kWh. Du côté des sous-produits de l’industrie du bois, on retrouve les écorces utilisées dans les grandes chaufferies pour alimenter les réseaux de chaleur ou en autoconsommation pour les scieries. Les sciures sont aussi valorisées énergétiquement sur place ou compressées sous forme de granulés pour les poêles ou chaudières automatiques. Les plaquettes résultent du broyage et de la compression des dosses, des nez de sapin et de la chute de découpes. Même principe pour les briquettes ou bûchettes reconstituées, à base de copeaux et de sciure, elles sont utilisées pour les cheminées ouvertes, les inserts, les foyers fermés, les chaudières, les poêles et les grosses chaudières automatiques. Le bois de rebut est broyé puis criblé avant d’alimenter les grosses chaudières. La paille et les résidus de récolte peuvent être présentés sous forme de granulés. De manière générale, il faut utiliser un bois de qualité pour obtenir la meilleure combustion possible. Le bois humide est à bannir comme le bois traité ou enduit de vernis qui engendre des émissions toxiques. Pour plus de lisibilité et assurer un combustible de qualité, la marque “NF Bois de chauffage” garantie des bûches d’une même catégorie d’essence, un taux d’humidité maximum, une longueur de bûche et une quantité de livraison fixée.
La biomasse solide s’adresse à trois types d’utilisateurs qui utilisent une large palette d’appareils de chauffage. Pour l’usage domestique des particuliers, on retrouve les cheminées, les inserts, les foyers fermés, les poêles à bûches, à granulés, à accumulation, les poêles-cheminées, les cuisinières, les chaudières à bûches, à granulés ou les chaudières automatiques. Ces dernières sont les plus performantes. Dernière nouveauté, la machine à cogénération domestique, alimentée aux granulés de bois, permet de produire de l’électricité et de la chaleur. Pour les entreprises, ce sont essentiellement les acteurs des filières de la forêt, de l’agriculture et des déchets qui se lancent pour valoriser des sous-produits. Elles optent plutôt pour des grosses chaudières automatiques, des réseaux de chaleurs, des systèmes de cogénération mais aussi des poêles d’atelier. Du côté des collectivités enfin, la part belle est faite aux chaudières automatiques, avec ou sans réseaux de chaleur.
Charte “Flamme verte”
Signée en 2000, sous l’impulsion de l’Ademe et de constructeurs d’appareils de chauffage domestique, la charte qualité “Flamme verte” a pour objectif principal de promouvoir des appareils de chauffage modernes et plus performants sur le plan énergétique et environnemental. Le label s’applique aux inserts, foyers fermés, poêles et chaudières de puissance inférieure ou égale à 70 kW, alimentés par un combustible sous forme de bûches, plaquettes ou granulés. Pour obtenir le label “Flamme verte”, les appareils doivent afficher un rendement de 70 % et respecter les normes européennes en vigueur en matière d’émissions polluantes.
Chaufferie automatique
Fini le temps où il fallait mettre une bûche toutes les heures dans la chaudière. Aujourd’hui, l’approvisionnement est programmé et automatique. Le combustible est stocké dans un silo de plusieurs mètres cubes, généralement enterré pour une meilleure intégration dans le paysage. L’autonomie du silo varie d’une semaine pour les grosses chaufferies collectives à plusieurs mois pour les chaufferies individuelles. La chaudière est alimentée via un tapis roulant pour le combustible grossier type écorces, ou par une vis sans fin pour du combustible homogène type plaquettes. Les cendres du foyer sont récupérées et versées dans un conteneur à vider une fois par semaine en général. Des filtres permettent un dépoussiérage efficace des fumées. Puissance, alimentation, combustion, décendrage et extraction des fumées sont contrôlés et optimisés grâce à la régulation électronique.
Aides à l’installation
Pour les particuliers, l’achat d’un appareil de chauffage fonctionnant au bois, ou avec un autre type de biomasse, ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 % sur le prix de l’équipement, à condition qu’il soit installé par l’entreprise qui le fournit. La TVA est réduite à 5,5 % pour les produits agglomérés de la sylviculture, les déchets bois destinés au chauffage pour un usage domestique, l’installation d’équipements de chauffage bois-énergie, sous certaines conditions, les contrats de maintenance, d’entretien et d’exploitation. L’Agence nationale d’amélioration de l’habitat propose aussi des subventions conséquentes, en fonctions des ressources, pour les propriétaires d’appareils “Flamme verte”. Selon les régions, les départements, des aides supplémentaires peuvent être allouées. Les réseaux de chaleur d’origine renouvelable bénéficient d’une TVA à 5,5 %.
Rentabilité de la biomasse
Pour comparer le prix de revient de la biomasse solide à une autre énergie, il faut s’intéresser au prix des combustibles, à l’amortissement de l’investissement pour l’équipement, aux frais d’exploitation, aux taxes, au rendement... Une comparaison qui n’est pas toujours facile à établir. Toutefois, on peut estimer qu’en moyenne le coût du combustible bois est deux à trois fois moins cher que le gaz ou le fioul. Et, valeur sûre, il est insensible aux variations des monnaies et du cours du pétrole. L’investissement est au départ 4 à 5 fois plus élevé que pour une chaudière gaz ou fioul. Selon, les cas et le niveau de subvention, le retour sur investissement est de 7 ans en moyenne alors que la durée de vie d’une chaudière est de 20 ans.
Obstacles au développement du bois-énergie
Malgré son intérêt, la biomasse solide est confrontée à divers obstacles. Les coûts d’équipement et les frais d’exploitation sont encore élevés par rapport aux autres combustibles fossiles. Et malgré les innovations technologiques et les performances, le chauffage au bois garde toujours une image vieillotte d’énergie du passée, perçue comme une énergie épuisable et polluante. En outre, il faut s’assurer de la régularité de l’approvisionnement et veiller à utiliser la ressource locale de façon à ne pas transporter le combustible sur de longues distances.